|
"— On sait comment il raisonnait. On peut être sûrs qu’il ne le refera plus. — Va plus loin dit Martinsson. On se demande comment il raisonne. Mais il fait sans doute pareil : il se demande comment on raisonne, de notre côté. peut-être faudrait-il laisser cet appartement sous surveillance? Puisqu’on est convaincus qu’il ne reviendra pas, c’est peut-être précisément ce qu’il va faire. — Il ne peut pas lire dans nos pensées. — Je me le demande. On a l’impression qu’il a à la fois un temps de retard et un temps d’avance."
Note d’Oriane (feutre noir) : le bon roman policier est celui qui met son lecteur dans cette position, à la fois un temps de retard et un temps d’avance. Il anticipe à partir des éléments que l’auteur se plait à lui livrer consciemment ou laisse inconsciemment percer mais, en même temps, c’est l’auteur qui mène le jeu et laisse ouverte ou ferme les pistes qu’il s’amuse à semer dans sa fiction.
|